Kazuo, le pêcheur

Kazuo

 

       Un jour, Kazuo allait au village.
       Comme chaque fois, il portait sur l’épaule son bâton sur lequel il avait attaché deux paniers. Il comptait, comme chaque jour, retrouver son ami Zou avec lequel il pêchait, avant d’aller vendre ses poissons au marché.
       Le ciel était calme, le soleil radieux.
       Kazuo franchissait le pont sur la rivière. Son ami Zou n’était pas encore arrivé.
       Un rouge-gorge qui passait par là, siffla à tue-tête :
       « Kazuo ! attention ! si tu franchis la rivière maintenant, un dragon t’enlèvera.
       — Et pourquoi donc, je n’ai rien fait pour l’ennuyer !
       — Il y a, dans cette rivière, un trésor qu’il veut pour lui tout seul. Si tu te trouves sur son chemin, malheur à toi ! »
       Kazuo se pencha mais ne vit que des poissons qui glissaient tranquillement.
       Soudain entre les plantes aquatiques qui se balançaient dans le courant, une sirène apparut : cheveux longs et écailles d’argent, elle se coulait entre les algues.
       L’éclat de ses yeux éblouit Kazuo.
       « Kazuo, par pitié, aide-moi. Dragon-du-ciel veut m’épouser. S’il m’enlève, je ne pourrai survivre dans les airs.
       — Que puis-je faire, je ne suis qu’un pauvre pêcheur de village !
       — Cache-moi quelques instants dans ton panier. Dragon-du-ciel ne me verra pas et repartira sans plus attendre ! »
       Sitôt dit, sitôt fait.
       Dragon-du-ciel passa tel un éclair, fit trois tours au-dessus du pont… et s’envola.
       À regret – elle était si jolie ! – Kazuo déposa délicatement la sirène dans la rivière. Elle disparut dans le courant…
       Zou, qui arrivait à ce moment, trouva son ami bouleversé.
       Quand Kazuo lui raconta son aventure, il ne voulut pas le croire !

 

       On dit que, depuis ce jour, chaque fois que Kazuo passe sur le pont, ses paniers se remplissent tout seuls. D’autres ont essayé, mais en vain…

 

 

L’Atelier Saint-Jean de Braye
Noriko et Vent d’Orient
Loiret, 2002
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