Trois secondes

 

 

« Un hymne à la beauté de la vie qui nous crie l’inacceptable. »
L’auteur commence par décrire et montrer la beauté de la terre et de la vie. En trois secondes, beaucoup de choses peuvent se passer, même les plus incroyables : une fusée peut parcourir 30 000 kilomètres, l’automne peut arriver, les couleurs d’un arc-en-ciel peuvent apparaître… Mais l’autre réalité de notre planète, c’est que « toutes les trois secondes, un enfant meurt de faim. » Nous sommes alors au pied du mur lorsqu’on nous explique que notre planète produit largement de quoi vivre pour tout le monde. Toutes les maladies de malnutrition savent être soignées aujourd’hui, et pourtant, 30 000 enfants vont mourir aujourd’hui.
 
 

 

 
Trois secondes, c’est la vie. Un oiseau s’évade et un arc-en-ciel apparaît. Toutes les trois secondes, des milliers de graines s’envolent, des millions de mots sont prononcés. Mais toutes les trois secondes aussi, une terrible injustice frappe l’humanité.

 

La faim dans le monde, aucun adulte, aucun enfant ne doit s’y accoutumer. Parce que la vie est un merveilleux jardin à partager.
 
 

 

Trois secondes
Trois secondes :
la lune se lève, la ville s’éclaire.

 

Trois secondes :
une petite éternité.

 

Trois secondes :
le ballon est déjà haut.

 

Trois secondes :
et l’automne est déjà là.

 

Trois secondes :
tant de flocons sans un seul bruit.

 

Trois secondes :
les couleurs passent et puis s’en vont.

 

Trois secondes :
tant de graines pour tant de jardins.

 

Trois secondes :
quelques gouttes pour chacun.

 

Trois secondes :
et, dans trois millimètres, la découverte…

 

Trois secondes :
300 abeilles peuplent la lumière.

 

Trois secondes :
3 000 battements d’ailes vers le soleil.

 

Trois secondes :
300 000 kilomètres plus loin…

 

Trois secondes :
3 milliards de mots prononcés
dans toutes les langues.

 

Dans le monde, toutes les trois secondes,
toutes les trois secondes, un enfant meurt de faim.

 

Trois secondes :
un enfant pense.

 

Trois secondes :
un enfant a une idée.

 

Chaque jour, et chaque nuit, des enfants meurent parce qu’ils n’ont pas assez à manger ou trop peu à boire. Près de 30 000 enfants sont morts hier et autant disparaîtront aujourd’hui.
En Afrique d’abord, mais aussi en Asie ou en Amérique du Sud.
Un enfant quitte ainsi la vie toutes les trois secondes.
Une seconde de soleil, deux secondes d’oiseau, trois secondes d’une goutte de pluie… et cet enfant quitte la vie parce que les autres habitants de sa planète, ses six milliards de frères et sœurs, de parents et de lointains cousins, n’ont pas su, pas voulu, partager leurs richesses.
Mieux penser la solidarité.
Organiser à temps les urgences.
Il pousse pourtant sur la planète plus qu’il n’en faut pour nourrir chaque Terrien !
On peut aussi amener l’eau potable au plus près de chacun. On sait soigner toutes les maladies de la malnutrition. Et, dans de nombreux pays, on regorge des vitamines nécessaires à la vie. Pourtant, si rien n’est fait, demain encore, 30 000 enfants mourront de faim.

 

Combien de temps les chefs des États les plus riches vont-ils attendre avant de décider que chaque enfant doit pouvoir vivre toute sa vie ? Peut-être faut-il que, toutes les trois secondes de chaque jour et de chaque nuit, l’un d’entre nous, enfant ou adulte, le dise ? le répète ? le crie ?

 

Georges Lemoine
Trois secondes
Éd. Rue du Monde, 2006

 

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