Les petits riens qui font du bien et qui ne coûtent rien

 

 

Sentir l’odeur du pain grillé ou
du chocolat quand on se réveille.

 

 

 

Faire un concours de grimaces,
seul, devant la glace.
 

 

 

Commencer une collection de n’importe quoi.
 

 

 

Respirer de l’herbe fraîchement tondue.
En prendre une poignée dans la main et
respirer en fermant les yeux.
 

 

 

Trouver une cachette secrète pour
une bille “œil de chat ”.
 

 

 

Ne pas marcher dans la rue
sur les traits du trottoir.
 

 

 

Laisser une mouche escalader votre nombril
et vous faire des guilis.
 

 

 

Respirer l’odeur du poulet rôti l’hiver
dans la rue près de la charcuterie.
 

 

 

Se boucher les oreilles en cadence pour entendre
le “oin-oin” des bruits déformés !

 

 

Lécher un plat, surtout après la préparation
d’un gâteau au chocolat.
 

 

 

Inventer un alphabet secret
pour écrire des messages.
 

 

 

Se gratter quand ça vous gratte.

 

 

Inventer des mots amusants.
 

 

 

L’été, attendre une étoile filante la nuit,
pour faire un vœu.
 

 

 

Découvrir des formes inconnues sur le papier peint
ou les craquelures de la peinture.
 

 

 

Pendant un voyage,
compter toutes les voitures rouges.
 

 

 

Sucer un glaçon du frigidaire,
se le passer sur la figure aussi.
 

 

 

Inventer des mots et des phrases
dans des langues qui n’existent pas.

 

 

 Se faire des boucles d’oreille
avec des cerises doubles.
 

 

 

Regarder se déformer les nuages
qui défilent comme dans un film.
 

 

 

Respirer le parfum d’un livre neuf.
 

 

 

Faire pipi quand on en a très envie.
 

 

 

En automne, marcher en faisant craquer
les tas de feuilles sèches.
 

 

 

Se coucher au milieu de toutes ses peluches.
 

 

 

Fabriquer de la gadoue bien noire avec de la terre
et de l’eau puis touiller avec un bâton.
 

 

 

Garder un chewing-gum qui a encore du goût,
dans un petit papier pour plus tard.
 

 

 

Craquer le pain chaud
en sortant d’une boulangerie.
 

 

 

Être un peu malade, un jour d’école bien sûr,
et se faire dorloter à la maison par sa mère.
 

 

 

Glisser son pied sur le côté du drap frais
quand on a trop chaud au lit.

 

 

Sucer un noyau de cerise
puis le cracher le plus loin possible.
 

 

 

Se souvenir, avant de s’endormir, d’un beau rêve
en couleurs pour essayer de rêver la suite.
 

 

 

Lire Peter Pan avant de s’endormir
pour rêver qu’on s’envole.
 

 

 

 

Elisabeth Brami ; Philippe Bertrand
Les petits riens qui font du bien et qui ne coûtent rien
Paris, Seuil Jeunesse, 1995
(Adaptation)