Pollution et pratique de l’esclavage moderne

 

Nous connaissons tellement peu sur l’origine des produits que nous consommons quotidiennement, et pour cause : ils proviennent de pratiquement tous les pays du monde. Impossible de connaître les conditions de production à moins qu’un label ne les garantisse… et encore. Alors, quand un site comme « www.notre-planète.info » nous informe sur les conditions de production de la mode, on ne peut que dire merci – et surtout rectifier le tir.

 

Selon cette source, l’industrie de la mode est d’abord une des plus polluantes au monde. Entre l’utilisation de produits chimiques pour la production et la fabrication des fibres, le gaspillage effarant de ressources pour nous vendre des vêtements dont nous n’avons souvent absolument pas besoin, les distances parcourues par certains vêtements (un jean peut parcourir 65.000km, soit une fois et demie le tour du monde, du champ de coton à la boutique !) la pollution des eaux (la teinture est le deuxième pollueur d’eau dans le monde) … c’est une véritable catastrophe écologique. Ainsi, à chaque lavage, les fibres synthétiques rejettent des microparticules de plastique (estimées à 500.000 tonnes qui terminent dans les océans… ou dans nos corps.)

 

Moins de 1% de nos vêtements sont recyclés, et peu d’industries sont aussi habiles pour nous vendre des produits (dont nous n’avons la plupart du temps pas le moindre besoin) que l’industrie de la mode : nouvelles collections saisonnières, soldes en promotion, lesquelles périodes de soldes sont annoncées comme une naissance dans un couple royal, prix rabotés… Tous les trucs éculés du marketing sont bons… parce qu’ils  marchent !

 

Le pire de tout est que ces vêtements sont produits dans des pays surtout asiatiques dans des conditions qui constituent indéniablement un esclavage moderne : salaires de misère qui permettent à peine de survivre, enfants de 6 ans qui travaillent 64 heures par semaine, voire déjà à 4 ans accroupis par terre à tisser de la laine.
Les conditions de travail des ouvrières ne sont guère meilleures.

 

MAIS ALORS QUE FAIRE ?
Il y a beaucoup de choses qu’une personne consciente et décidée peut faire, comme par exemple :

 

** Éviter les achats compulsifs (qui découlent souvent d’un manque d’estime de soi, d’une insécurité intérieure, etc.).
** Acheter d’occasion plutôt que neuf.
** Recycler ce qui ne peut plus se porter.
** Acheter dans des entreprises qui s’engagent pour une production plus respectueuse de l’environnement (mais il faut reconnaître que leurs produits sont souvent chers).
** Avant tout travailler… sur l’image de soi.

 

Depuis 30 ans je travaille comme volontaire dans une fondation dont la directrice est une des personnes que je respecte le plus au monde à cause d’une cohérence de vie que j’ai rarement rencontrée. Elle est toujours impeccablement habillée… avec des habits qui ont 20, 30 ans et plus. Elle me montrait même l’autre jour une cape qu’elle portait en loden bavarois et disait en riant, « Cela fait 40 ans que je la porte ».

 

Un merveilleux proverbe arabe dit : « Celui qui veut faire quelque chose trouve un moyen, celui qui ne veut rien faire trouve une excuse ». Toute personne motivée et ayant accès à un portable peut d’une part s’informer – car sur cette question on trouve absolument tout sur internet – et surtout, si vous faites trop souvent des achats compulsifs, vous pouvez chercher à comprendre les racines intérieures qui vous poussent à les faire.

 

Et agir en conséquence.
 

 

 
Pierre Pradevant