Coccinelle, mon amie

Coccinelle, coccinelle, si je souffle sur tes ailes,

c’est pour te confier un vœu. CHUT… c’est un secret.

Coccinelle, coccinelle, la brise souffle fort, elle est plus forte que toi,

elle fait plier les blés et t’emporte au loin.

Coccinelle, coccinelle, une fumée s’élève de l’étang. Est-ce la brume ?

Est-ce un feu ? Sauve-toi vite, sauve mon vœu.

Coccinelle, coccinelle, repose-toi sur ce nénuphar.

Attention à la grenouille vorace qui veut te gober.

Coccinelle, coccinelle, quelle route vas-tu donc prendre ?

À droite, dit la corne droite. À gauche, dit la corne gauche.

Monsieur l’escargot, vraiment, vous ne l’aidez pas.

Coccinelle, coccinelle, ne te retourne pas, prends garde à toi !

Coccinelle, coccinelle, passe ton chemin,

ce gros cochon est bien trop repu pour t’écouter.

Coccinelle, coccinelle, demande à ces corneilles

si, à vol d’oiseau, tu es loin de l’endroit que tu cherches.

Coccinelle, coccinelle, te voilà perdue dans le bois.

Fourrure lisse, yeux vifs, écureuil et mulot s’arrêtent de grignoter.

Ils voudraient bien t’aider.

Mais qui voilà, de retour sur ma main ?

Va, je t’en prie… retrouve ton chemin.

Bzzz… Bzzz… Nous, nous… zz… savons où nous… zz… allons, bourdonne l’essaim d’abeilles.

Coccinelle, coccinelle, tout est simple maintenant, car mon vœu,

c’est aussi le tien !

Ma maison n’était pas si loin…

Te voilà chez toi, me voilà chez moi. Tu as retrouvé ton nid

et tous tes petits… C’était ça mon vœu !…

Et tous ces petits pourront à leur tour

porter dans leurs ailes tous mes vœux secrets.

Ruth Brown
Coccinelle, mon amie
Paris, Gallimard Jeunesse, 1988