Daniel fait un poème

Daniel connaît tous les rochers, les arbres et les animaux du parc.

Lundi matin, Daniel aperçoit quelque chose d’inattendu sur le mur du parc. Une pancarte où l’on peut lire, POÉSIE DANS LE PARC, DIMANCHE À 6 HEURES.

« Qu’est-ce que la poésie ? » se demande Daniel.

Surpris, il lève les yeux quand il entend l’Araignée lui dire :

« Pour moi, la poésie c’est lorsque brille la rosée du matin. »

Mardi, Daniel grimpe sur le vieux chêne. Il voit l’Écureuil.

« Écureuil, sais-tu ce qu’est la poésie ? »

« La poésie, c’est quand les feuilles croquantes craquent », lui dit l’Écureuil.

Mercredi, Daniel voit le trou d’un Tamia.

« Tamia, sais-tu ce que c’est la poésie ? »

« La poésie ? Hmmm… La poésie, c’est une maison avec beaucoup de fenêtres dans un vieux mur de pierre. »

Jeudi, Daniel fait un bateau avec une feuille qui lui sert de voile et regarde le vent le pousser sur l’étang. Il appelle tranquillement la Grenouille.

« Excuse-moi, Grenouille. Qu’est-ce que c’est la poésie ? »

« La poésie, dit la Grenouille, c’est une piscine bien froide où je peux plonger à mon aise. »

Vendredi, Daniel se rend vers les tiges de chanvre et rencontre la Tortue.

« Bonjour, Tortue. J’ai une question. Sais-tu ce qu’est la poésie ?

« Je pense que la poésie c’est du sable chauffé par le soleil », dit la Tortue.

Le samedi après-midi, Daniel trouve le Grillon à l’ombre d’un petit bout de terrain en pente.

Quand les ombres sont longues, le Grillon remplit l’air de musique.

« Grillon, qu’est-ce que c’est pour toi la poésie ? »

« La poésie… est-ce chanter au crépuscule quand le jour est fini ? » demande le Grillon.

« En effet, c’est bien cela ! » avoue Daniel.

Cette nuit-là, un clair de lune remplit la chambre de Daniel.

Penché à sa fenêtre, il appelle la Chouette.

« Chouette, qu’est-ce que c’est la poésie ? »

« Oh, la poésie ! La poésie, ce sont les étoiles brillantes sur les branches, un clair de lune sur l’herbe, et des ailes silencieuses pour m’emmener partout où je vais. Bonne nuit, cher Daniel », murmure la Chouette.

Et elle s’envole dans la nuit.

Dimanche, le soleil réveille Daniel.

Il est heureux car il se souvient que c’est dimanche.

« Aujourd’hui, il y a de la poésie dans le parc, se dit Daniel, et j’ai un poème ! »

La rosée du matin brille,

Des feuilles croquantes craquent.

Il y a une maison aux nombreuses fenêtres

Dans un vieux mur de pierre.

De l’eau fraîche pour plonger,

Et du sable chauffé où marcher pieds nus.

Des mélodies à la tombée du jour.

Des étoiles brillantes sur les branches,

Un clair de lune sur l’herbe,

Et des ailes silencieuses pour me soutenir

N’importe où je vais…

Sur le chemin du retour, Daniel s’arrête pour regarder le ciel. Un beau coucher du soleil se reflète sur l’étang.

« Pour moi, cela ressemble à de la poésie ! 

— Pour moi aussi, dit la Libellule. »

 
Micha Archer
Daniel finds a poem
Nancy Paulsen Books, 2016
(Traduction et adaptation)