Promenades quotidiennes

Dans la tranquillité de l’après-midi vers deux heures, je marche presque toujours sans but, et je sens délicieusement le soleil… On dirait un châle chaud sur mes épaules. Tandis que je marche sur le sol en béton, j’accumule des choses éphémères, comme celui ou celle qui ramasse du bois pour l’hiver : des chants d’oiseaux que je n’ai jamais entendus, une toile d’araignée en dentelle, un escargot caché dans sa coquille, l’odeur de la lavande, un petit fragment de mer, l’ombre de ma jupe flottante.

Je suis émue par tout ce que les jours m’offrent, tout ce que je peux enfermer dans mes mains. Entre elles, le monde ne s’aplatit jamais et je n’oublie pas l’étonnement, la complaisance et la poésie. Au rythme de mes pas, je trouve le désir de poursuivre le sens et la beauté, points de repère fragiles dans un monde qui a perdu l’esprit.

Quand je rentre chez moi, au seul endroit où je peux enfin reposer ma tête, je souris tendrement à tout. Parmi les piles de livres et d’affections, la vie reste la célébration de ce qu’elle promet. Un jour, il y aura de nouveau des hirondelles dans le ciel. L’avenir, je le sais aujourd’hui, est aussi dans ce qui se construit les yeux fermés, tandis que les mains s’accrochent à la réalité du présent.

M.S.