La soupe aux cailloux

La soupe aux cailloux_1

 

     Trois moines, Hok, Lok et Siew, cheminaient sur une route de montagne parlant de tout et de rien, de la couleur du soleil, des vertus de la générosité.
    « Siew, qu’est-ce qui rend heureux ? » demanda Hok, le plus jeune des moines.
    « On va voir », répondit le vieux Siew, le plus avisé des trois.
    Le tintement d’une cloche attira leur attention sur les toits d’un village situé en contrebas. L’apercevant de tout là-haut, ils ignoraient que ce village avait connu bien des malheurs. La famine, les inondations, la guerre avaient frappé ses habitants, qui se méfiaient désormais de tout étranger, leurs voisins eux-mêmes leur paraissant suspects.
    Ces villageois travaillaient dur, mais chacun pour soi.
    Il y avait un fermier.
    Un marchand de thé.
    Un lettré.
    Une couturière.
    Un médecin.
    Un menuisier…
    … et bien d’autres encore.
    Mais ils ne communiquaient guère entre eux.